Archive pour juillet 2006

Correspondance Longchamp-Maudet, encore des vagues

Bruit dans le landernau politique romand, disais-je hier. La correspondance échangée entre François Longchamp et Pierre Maudet, publiée sur Skyblog puis retirée avant d’être reproduite en ligne par le quotidien Le Temps, n’a pas fini de faire des vagues. Quelques réactions:

  • Un Swissroll regrette de s’être fait griller un scoop par Le Temps.
  • Le Temps publie ce matin les réactions, entre sourire et agacement, des politiciens visés par l’échange entre François Longchamp et Pierre Maudet.
  • Lyonel Kaufmann, élu socialiste au niveau communal à la Tour-de-Peilz, réagit ici. A noter qu’il est probablement un des premiers, et un des seuls, politiciens romands à tenir régulièrement un blog politique, politis.ch, en plus de son blog généraliste orienté web 2.0 lyonelkaufmann.ch.
  • Dans l’émission Forums d’hier sur la RSR, Pierre Maudet et Lyonel Kaufmann sont tou deux interviewés. Pierre Maudet se justifie: « Davantage qu’un blog, c’est plus un chat qui a été publié aujourd’hui. Il a été publié sur une plateforme publique, mais il a un caractère plutôt privé. C’est l’esprit du blog. (…) Cela va devenir incontournable. Les gens demandent de plus en plus d’authenticité, de moins en moins de gueule de bois. Le blog permet de passer de la situation de monologue au dialogue. Il y a une liberté de ton, la possibilité de faire part de ses idées avant d’en être complètement sûr. C’est une manière nouvelle de voir la politique, il y a là un nouvel espace à conquérir. » Connaissant le goût de conquête dudit capitaine Maudet, on ne s’étonnera pas qu’il prévoie d’inauguer un blog, un vrai, dès la rentrée de septembre.
  • Pointblog relate également la nouvelle, « Le Skyblog politique suisse effacé par ses auteurs« .
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Quand deux politiciens font revivre la tradition de la correspondance

Bruit dans le landernau politique romand. Deux politiciens ont publié une partie de leur correspondance électronique sous la forme d’un skyblog, nous révèle Le Temps d’aujourd’hui. Publié à l’été 2005, ce « carnet de campagne » met en scène les réflexions pointues et directes de François Longchamp, actuel conseiller d’Etat genevois et de Pierre Maudet, actuel président du Parti radical genevois, à l’époque des élections cantonales.

Pour la journaliste Cynthia Gani, « François Longchamp et Pierre Maudet pourraient bien avoir brisé un tabou ». Pensez-vous. Oser exprimer des opinions personnelles, voilà qui n’est pas forcément bien vu pour un politicien dans notre chère Helvétie. Au contraire de nos voisins français, qui sont de plus en plus nombreux à utiliser l’outil blog pour une communication directe avec l’électorat.

Chose amusante, les auteurs présumés du blog, intitulé sobrement « Le goût de l’avenir », auraient retiré le contenu de celui-ci de la Toile hier, au moment où les questions du Temps se faisaient pressantes. Pas qu’ils regrettent leurs actes. « J’assume » ont-ils tous deux assuré à la journaliste. Heureusement pour eux, car Le Temps a pris l’initiative de republier intégralement dans ses pages web les propos échangés. Publié un jour, publié toujours. Un exemple de plus de la pérennité de l’information qui paraît sur le web.

Messieurs, je vous en prie. N’écoutez pas les voix chagrines qui voudraient vous faire taire. Continuez dans la brèche que vous avez taillée. Ouvrez rapidement un nouvel espace sur le web et republiez y intégralement le contenu de votre échange épistolaire de l’an dernier. Et poursuivez-la, cette correspondance. Nous sommes las de n’entendre que des paroles convenues ou filtrées par des services de communication. Il est l’heure d’un nouveau dialogue. Vous pouvez l’initier.

**

Voir également mon billet du 27.07.06, Correspondance Longchamp-Maudet, encore des vagues

Série de l’été et concours littéraire chez Femina

Même si le magazine Femina ne s’est pas encore vraiment mis aux blogs, ce n’est pas une raison pour le bouder.

D’abord, une sympathique série de l’été: trois jeunes journalistes en road trip à travers l’Europe. De Lausanne à Mykonos, leur camping car les emmène à la rencontre de trentenaires comme elles. A la découverte de l’autre et des différentes façons d’aimer en Europe. A suivre tous les dimanches dans le magazine et tous les jours sur le blog qu’elles tiennent pour l’occasion.

Puis, ne restons pas oisifs sous la canicule. Rêvons à des intrigues embrouillées, imaginons des passions sulfureuses ou inventons simplement une belle histoire. Femina ouvre un concours littéraire de nouvelles ouvert à toutes les plumes francophones résidant en Suisse. Les conditions sont simples: il suffit de rédiger une nouvelle (entre 5000 et 9000 signes, soit entre 2 et 3 pages A4) sur le thème « Une femme d’ambition ». La date de clotûre du concours est fixée au 4 septembre 2006. A vos claviers!

Petite Anglaise perd son job à cause de son blog

Comme en écho aux propos de Marianne Favre Moreillon qui nous rappelle que la liberté d’expression est grandement limitée, de fait, par le contrat de travail qui lie un employé à son employeur, c’est par Embruns que j’apprends matin qu’une blogueuse de bonne réputation a perdu brutalement son emploi.

Petite Anglaise, jeune femme tenant avec finesse un journal quasi quotidien de sa vie parisienne, n’a pourtant jamais critiqué son employeur sur son blog. Tout au plus quelques anecdotes liées à sa vie professionnelle, nous rapporte le Telegraph. Comment lors de la fête de Noël de la boîte un invité rompant tout savoir-vivre a fait exploser son « cracker » (sorte de pétard de Noël anglais, tradition toute britannique) avant le grand patron. Oh shocking. Ou encore, quelques descriptions de son contexte de travail, portrait de la reine au mur et tradition du thé oblige, sans jamais n’évoquer le nom de son employeur ni ses activités.

Alors, où est la faute? Car c’est bien pour faute grave que Petite Anglaise a reçu son congé. Suspendue sans salaire, cinq minutes pour rassembler ses affaires et quitter les lieux. Il me semble que nous ne sommes pas en présence d’un cas de volonté délibérée (ou même par négligence) de nuire aux intérêts de l’employeur, au contraire d’autres cas récemment révélés par les médias. C’est bien sûr aux Prud’hommes, que Petite Anglaise a saisi, de juger du bien-fondé du licenciement.

En attendant que la justice se prononce, la blogosphère réagit déjà. Maître Eolas s’est mis en pétard et d’influents blogueurs lui affichent déjà leur entier soutien.

Mise à jour 21.07.06:

  • Petite Anglaise relate dans la note du jour « Suspendered » comment son boss lui a annoncé son licenciement; elle y lie l’intégralité (ou un bon nombre en tout cas) des billets où elle a effectivement, dans les deux dernières années, évoqué l’une ou l’autre anecdote à caractère professionnel.
  • Eolas publie et décortique la lettre de licenciement de Petite Anglaise.
  • Et suivez (in English of course) la jolie discussion chez Robert Scoble qui se fait quelque peu chahuter par ses commentateurs.

links for 2006-07-18

Bamboulé!

Le Paléo Festival qui démarre aujourd’hui sur les hauteurs de Nyon se met sur son 31, affiche un programme très rock et développe enfin une véritable ambition environnementale. Objectif, 40% de déchets recyclés – ne soyez pas étonné si des gamins vous arrachent votre gobelet à peine vidé des mains, la colonne d’un mètre est « rachetée » 3.- par le Festival! Et 40% de festivaliers en transports en commun: prenez le train ou le bus, vous n’entendrez pas le premier concert qu’à la radio de votre véhicule au ralenti, et pour le retour, ça sera plus sûr pour certains, non?

Le festival est complet depuis des mois. Pour lutter contre le marché noir, 1000 billets sont mis en vente en ligne chaque matin à 9h. Ou alors, écoutez Couleur 3 qui met en relation vendeurs et acheteurs. Bonne chance.

Et oui, j’y retourne, privilégiée parmi les bénévoles. Je travaille chaque jour à la préparation de la soupe aux légumes servie 24h sur 24 au stand Autour de Minuit (c’est la grande tente blanche qui sert du sirop et de la sangria sans alcool dans le No Man’s Land entre le Village et le Camping). L’après-midi, venez donc m’y faire coucou!

Et, scoop pour le web, la recette de la fameuse soupe aux légumes appréciée par toutes les générations de festivaliers, rien que du naturel:

Pour 30 litres de soupe, 10 kg de légumes, 20 litres d’eau:

  • 2 kg d’oignons émincés, faire blondir dans très peu d’huile végétale
  • 2 kg de poireaux ciselés en lanières, ajouter aux oignons
  • 2 kg de céleri pomme en petits cubes bien réguliers, ajouter aux oignons et aux poireaux
  • 2 kg de pommes de terre en petits dés amoureusement taillés, ajouter au concept précédent
  • 2 kg de carottes en rondelles fines, devinez? oui, ajouter encore dans la casserole
  • ce qui, si l’on compte bien, fait 10 kilos de légumes. Portion de début de semaine, la quantité augmentera progressivement jusqu’au weekend !
  • laisser cuire les légumes en touillant régulièrement, rajouter l’eau petit à petit pour ne pas interrompre brutalement la cuisson (pour 10 kg de légumes, environ 20 litres d’eau)
  • porter à ébullition
  • assaisonner de bouillon végétal (environ 50 g par 10 litres d’eau) et d’éventuellement un peu de sel, le moins possible pour épargner nos artères
  • déguster
  • confier la louche aux collègues et partir voir les concerts! Bamboulé!!!

Sans lien avec la polémique, Nestlé s’intéresse aux blogs (ATS)

En plein PET-gate, le blog Nestlé Suisse Real News n’a pas fini d’agiter les médias. Peu étonnant: à l’exception de la Voix de la Boillat, il s’agit à ma connaissance d’une première en Suisse romande où l’outil blog est utilisé par des représentants de la force de travail “contre” la voix du management.

Vendredi 14 juillet est sorti un éclairage de l’ATS, qui m’a aimablement citée et autorisée à reproduire le texte ci-dessous.

Sans lien avec la polémique, Nestlé s’intéresse aux blogs
Les directeurs de la communication rencontrent Robert Scoble

Eclairage
par Raphaël Besson, ats =

Lausanne (ats) Pur hasard, Nestlé s’intéresse aux blogs en
pleine polémique sur Nelly Wenger. Ses directeurs de la
communication commerciale viennent de rencontrer le célèbre
blogueur Robert Scoble. Il faut garder les yeux « grand ouverts »,
explique le porte-parole François Perroud.

Les responsables de Nestlé venus du monde entier ont assisté
lundi dernier aux Etats-Unis à la dernière prestation du blogueur
américain avant qu’il ne quitte Microsoft, où il travaillait comme
évangéliste technique. Star de la planète blog, il est l’auteur de
« Naked Conversations », dans lesquelles il raconte notamment son
expérience au sein du géant de l’informatique.

Obtenir du feed-back

Prévu de longue date, le séminaire sur le blog n’a rien à voir
avec l’apparition du blog anonyme sur Nestlé Suisse, sa directrice
Nelly Wenger et la controverse sur les nouveaux emballages Cailler.
Pour le numéro un mondial de l’alimentation, le blog est un moyen
supplémentaire d’avoir un feed-back du public, de savoir son
opinion sur la société, souligne le porte-parole.

« C’est une des sources qui nous permet de connaître et de juger
les réactions du consommateur ». L’autre atout du blog serait
« d’améliorer le contact » entre le public et l’entreprise, reconnaît
M. Perroud.

Dans un compte-rendu de ses discussions avec les cadres de
Nestlé, Robert Scoble critique surtout l’absence d' »âme » sur les
sites internet de ce genre d’entreprise. Pas de présence humaine
sur ces pages et impossibilité d’entrer en dialogue avec les
spécialistes du groupe, constate-t-il.

Puissance phénoménale

L’Américain souligne également l’inquiétude de ces dirigeants
devant la puissance des blogs dans la fabrication quasi instantanée
d’une image ou d’une réputation mondiales. Surtout lorsque ces
multinationales dépensent de plus en plus d’argent pour leur
publicité sans obtenir davantage d’impact.

Les entreprises suisses ne se sont pas encore emparées du
phénomène, déplore pour sa part la blogueuse lausannoise Anne
Dominique Mayor. Elles veulent toujours contrôler la communication,
avec « une manie du secret » qui bannit évidemment tout dialogue.

Aucune démarche

François Perroud rétorque que Nestlé propose de nombreux canaux
permettant aux employés mécontents ou frustrés de s’exprimer. S’il
regrette l’anonymat du blog qui prétend révéler la vérité sur
Nestlé Suisse, aucune démarche n’est entreprise contre ce blog
« tant qu’il n’y a pas de violation de prescription légale ».

« Il ne saurait en être question », précise le porte-parole. La
multinationale n’entend pas non plus saisir le Conseil de la presse
sur la reprise par des médias de ces déclarations anonymes.

Divergences de vue

« Ce n’est pas à nous de faire la loi dans les médias. Toute
rédaction doit décider elle-même », même si une telle utilisation de
propos anonymes est « hautement questionnable », selon François
Perroud. Interrogé à ce sujet, le rédacteur en chef de « 24 Heures »,
Jacques Poget, juge au contraire « tout à fait légitime » d’avoir
donné dans ses colonnes des « échantillons » de ce blog.

S’il admet que son journal ne sait pas qui se cache derrière ce
blog, il se dit lui-même « sûr » qu’il s’agit d’un employé de Nestlé
Suisse. De tels procédés ne font courir à ses yeux « aucun risque » à
la presse et à sa crédibilité, même si des cas de blogs manipulés
ont déjà défrayé la chronique aux Etats-Unis.

Confusion

Cet avis est cependant très loin de faire l’unanimité parmi ceux
qui réfléchissent à la déontologie de la presse. Il ne faut pas
confondre le travail du journaliste qui tait l’identité de ses
contacts et l’utilisation de sources dont personne ne peut garantir
l’origine, affirme un observateur averti.

Au-delà des principes, on peut aussi se demander si un groupe de
presse publierait des commentaires anonymes sur ses propres faits
et gestes. « J’en doute beaucoup », avoue-t-il.

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